Commentaires de marché
L’IA et l’an 2000 : un air de déjà-vu
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François Campeau, CFA
Il semble que les marchés financiers soient présentement dans une bulle spéculative liée aux titres de l’intelligence artificielle (IA).
La concentration des marchés dans quelques sociétés liées à l’IA ressemble aux sommets atteints lors d’autres bulles spéculatives, comme celle des titres Internet en 2000. Selon Bank of America, une dizaine de titres liés à l’IA représentent aujourd’hui près de 40 % de la valeur du marché boursier américain, un niveau comparable aux grandes bulles du passé.

Selon certains indicateurs, comme le ratio cours/bénéfice de Shiller (le prix divisé par les profits moyens des 10 dernières années), le marché est plus cher qu’en 1929 ou en 2008, et comparable à l’an 2000.

Ceci étant dit, il est très difficile de prévoir quand une bulle va éclater. Alan Greenspan, alors président de la Réserve fédérale américaine, avait parlé d’« exubérance irrationnelle » en décembre 1996. La bulle n’a pourtant éclaté qu’en mars 2000, plus de trois ans plus tard.
À l’époque, le premier signe de faiblesse est venu en janvier 2000, quand Lucent Technologies, un concurrent de Nortel, a abaissé ses prévisions de profits. La Réserve fédérale a ensuite continué de hausser ses taux, ce qui a accentué la baisse du marché.

Nous croyons que cette fois-ci, le sommet du marché sera marqué par l’annonce, par un des grands fournisseurs d’infonuagique (les « hyperscalers » comme Meta ou Microsoft), d’une réduction de ses dépenses en investissement. À ce sujet, Bloomberg rapportait cette semaine que Meta envisageait de vendre une partie de sa capacité excédentaire de serveurs dédiés à l’IA. C’est l’une des premières fois qu’on entend parler de capacité excédentaire.
Malgré tout, il y a toujours des occasions. Le Nasdaq a atteint son sommet le 10 mars 2000, et le S&P 500, le 24 mars. Pourtant, les titres plus défensifs, moins à la mode pendant une bulle, ont très bien fait cette année-là. L’indice des biens de consommation de base (des sociétés comme Coca-Cola ou Colgate) a progressé d’environ 40 % entre le début de mars et la fin de l’année 2000¹.

Selon nous, le contexte actuel offre de belles occasions d’achat parmi les titres délaissés au profit de l’IA. Ces entreprises pourraient d’ailleurs mieux faire que le marché si les grandes valeurs technologiques venaient à corriger.
On verra bien…
François
Notes et sources
¹ Rendement du FNB Consumer Staples Select Sector SPDR (XLP), qui reproduit l’indice des biens de consommation de base du S&P 500, dividendes réinvestis, de la fin de février à la fin de décembre 2000 (cours ajustés de 10,80 $ à 15,22 $, soit +41 %). Source : Digrin, historique des cours du XLP.
Graphiques : BofA Global Investment Strategy, GFD Finaeon et Bloomberg (concentration) ; compilation d’Emmanuel Ferry, données au 12 juin 2026 (indicateurs) ; données publiques compilées par Nordvik Capital (chronologie) ; Topdown Charts et LSEG (valorisations relatives). Tous les graphiques ont été réalisés par Nordvik Capital.
Cette publication reflète l’opinion de Nordvik Capital à la date de sa parution. Elle est fournie à titre informatif seulement et ne constitue pas un conseil financier, fiscal ou juridique personnalisé, ni une recommandation d’acheter ou de vendre un titre. Les rendements passés ne garantissent pas les rendements futurs.
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